Réduction de minerais de fer au Ferrier de Tannerre

L'Association du Ferrier de Tannerre a pour mais de préserver et de mettre en valeur le grand Ferrier de la Garenne à  Tannerre-en-Puisaye. C'est une association de type loi 1901 créée en 2008 qui compte une quarantaine d'adhérents. Elle a su créer une forte dynamique qui rassemble les habitants autour du site du Ferrier.

L'association organise régulièrement des visites guidées, une grande fête annuelle avec banquet gallo-romain, des animations autour de la fabrication du fer. romaine). Depuis trois ans, l'association a également mis en place un accueil de spectacles et une balade nocturne annuelle dont les dernières éditions ont réuni environ 200 spectateurs. 

Des liens précieux se sont tissés entre les membres de l'association, les artistes de La gargouille et Valérie Jallais. Plusieurs spectacles de la compagnie ont été joués dans le bois: L'histoire de France en une heure, La fille de l'arbre, D'une rive à l'autre. Ces liens ont permis la création de La balade nocturne à laquelle plusieurs membres de l'association ont participé comme comédiens.

L'implication de l'association dans nos projets de création se fait également sur le plan logistique (nettoyage des sites, transport du matériel au cœur du bois, montage de tentes si besoin) mais aussi par un apport de savoir-faire et de compétences multiples, notamment en construction, d'une grande efficacité. Le comité des fêtes est lui aussi très présent, il prête les tentes, les tables, les bancs… Les projets dans le bois du Ferrier de Tannerre n'auraient jamais été imaginés sans eux.

 

Accéder au site de l'association  Le Ferrier de Tannerre

 
Le Ferrier de Tannerre : un monument historique très particulier


On appelle  ferrier  les résidus issus de la production de fer dans les bas fourneaux, principalement à l'époque gallo-romaine. Par extension, le mot ferrier désigne le lieu où ces scories sont accumulées. Le Ferrier de la Garenne à Tannerre occupe une superficie de 30 hectares environ, c'est un des plus grands ferrier de France.

La parcelle principale a fait l'objet d'une décision de classement au rang de Monument Historique en 1982. Cette partie est la seule qui soit aménagée par l'Association et accessible au public. Elle est la propriété de la commune de Tannerre. Le site déborde élargissement sur les autres parcelles boisées au nord.

La datation du ferrier reste encore incertaine, faute de véritables fouilles archéologiques, mais il semble que le site ait été initié par les celtes et ait connu le plus gros de sa production durant les 300 ans d'occupation romaine. Une campagne d'analyse du sol via un radar de sol doit être entreprise en 2021 dans le champ qui longe le Ferrier et où se situe le village initial.

Le Ferrier de la Garenne a servi d'assise à une ancienne forteresse. Sans doute construite d'abord en bois puis en pierres, elle aurait protégé l'exploitation du fer. Au cours de la guerre de Cent Ans, des bandes armées, anglaises et françaises, ravagent les campagnes, pillent, rançonnent villes et villages. Le village, l'état sur la colline, et la forteresse sont détruits. La population diminue fortement. Il faut attendre la seconde moitié du XVe siècle pour que le village se reconstruise plus bas et que défrichages et travaux agraires reprennent.

Les ruines de la forteresse ont été bouleversées par l'utilisation des pierres pour la construction des maisons du village, puis par l'exploitation intensive des scories. Il subsiste aujourd'hui une motte en forme de parallélogramme dont la base sud et un angle sont encore visibles. Les fossés sud et ouest sont bien marqués. 

Ferrier de Tannerre - ouvriers vers 1930

En 1906, la famille de Lestrade, propriétaire du site de la Garenne, en collaboration avec des industriels, le développement de l'exploitation des scories à destination de la sidérurgie (le fer restant dans les scories est récupéré dans les hauts fourneaux). Les scories sont acheminées jusqu'à la gare de Villiers-Saint-Benoît dans des tombereaux tirés par des chevaux.

Des industriels rachètent le droit d'exploitation et intensifient la production. Un chemin de fer à voix étroite remplace les chevaux. Dès 1912, six trains circulent chaque jour, transportant 200 à 240 tonnes de scories. La ligne fonctionne jusqu'en 1931, date à laquelle elle est abandonnée, concurrencée par le transport routier.

Après la deuxième guerre mondiale, seule l'exploitation pour l'empierrage se poursuit. Les engins mécaniques font leur apparition et bouleversent le site. Les vestiges historiques (traces gallo-romaines et restes du château-fort) sont détruits ou fortement endommagés. En 1982, grâce à la ténacité de M. François-Pierre Chapat, le site est classé Monument Historique et l'exploitation cesse définitivement.